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Société, handicap et terminologies 8 avril, 2009

Classé dans : Regards sur le handicap — somanystories @ 21:55

Le terme de personnes handicapées a remplacé ceux d’infirmes, d’anormaux, d’aliénés, de retardés, d’inadaptés, etc. L’évolution des attitudes à l’égard des intéressés s’est faite de façon lente et discontinue, mais va peu à peu dans le sens du droit à la vie et à la dignité.

Si, à l’époque des Lacédémoniens, on supprime les nouveau-nés malformés, les Anciens se contentent plus généralement de laisser agir la sélection naturelle. Pendant de nombreux siècles, il revient donc aux familles, aux clans, aux voisins, de s’occuper des malades, des personnes âgées ou inaptes au travail. Les solitaires, ceux dont la famille fait défaut, et qui ne peuvent subvenir à leurs besoins, trouvent faute de mieux une sorte d’issue dans la mendicité.

Au Moyen Âge, tandis que l’Église brûle fous et sorciers qu’elle considère comme possédés, on assiste à la création d’œuvres charitables. En 1400 environ, les Frères de la Merci créent des «  asiles  » destinés aux mendiants, aliénés, vagabonds, etc. Au XVIIe siècle, saint Vincent de Paul ouvre une institution pour les enfants abandonnés. Plus tard, l’abbé de l’Épée éduque les sourds, Valentin Haüy se consacre aux aveugles, C. Itard et I. Seguin aux arriérés.

La fin du XIXe siècle marque un tournant dans le statut social du handicapé, qui va évoluer vers la forme que nous lui connaissons : mieux armée grâce à l’anatomopathologie et à la bactériologie, la médecine maintient en vie de plus en plus de sujets fragiles. En même temps, comme l’a montré Michel Foucault dans La Naissance de la clinique  (1963), la maladie tend à devenir conceptuellement isolable et matériellement manipulable, indépendamment de la personne du malade ; le handicap commence à exister comme un objet, au point que sa prévalence masque aux yeux du médecin le sujet qui en est porteur.

En France, en 1898, la loi sur la réparation des accidents du travail, est une des premières lois à assurer la protection sociale des travailleurs. Dans les pays belligérants, la Première Guerre mondiale laisse un groupe de mutilés vis-à-vis de qui la collectivité se sent responsable. Les lois concernant les mutilés de guerre stipulent des emplois réservés (1916), la rééducation (1918), l’emploi obligatoire (1924). La Seconde Guerre mondiale, qui isole le Royaume-Uni, l’oblige à élaborer une doctrine connue depuis sous le nom de rapport Tomlinson (1941-1943) et à mettre au point toute une série de techniques de «  réhabilitation  » des handicapés. Dès lors, parallèlement à l’extension des actes d’indemnisation va se développer rapidement, dans le monde entier, l’action de réinsertion socioprofessionnelle qui passera ouvertement au premier plan.

Texte handicoupe

 

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